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Jour de Galop – le propriétaire de la semaine

26.08.2021

Jour de Galop – le propriétaire de la semaine

Guillaume de Saint-Seine : « Je préfère avoir 25 % de quatre chevaux que 100 % d’un seul cheval. »

 

 Utilisateur Equibiz et copropriétaire de Bellharbour Music, Guillaume de Saint-Seine a ainsi remporté le Prix Daphnis (Gr3). Très actif dans les syndicats de propriétaires, il est aussi membre associé de France Galop. Passionné et passionnant, ce grand défenseur de la cause hippique nous a ouvert ses portes

Jour de Galop. – Quels ont été vos premiers pas au galop ? Guillaume de Saint-Seine. – J’ai découvert la compétition hippique à la fin des années 1970, avec un immense champion qui s’appelait Irish River (Riverman). C’est Jean d’Indy qui m’a fait venir aux courses. J’avais 16 ou 17 ans, et j’ai eu la chance de suivre le parcours classique, c’est-à-dire de sélection, grâce à ce cheval. Ce qui m’a alors intéressé, c’était de voir comment, à travers Irish River, on définissait un programme…

Vous n’êtes pas le seul membre de votre famille à apparaître dans les programmes… Mon oncle Bernard a monté en tant qu’amateur. Sa sœur Marie-Cécile a remporté le Prix du Président de la République (Gr3). Nous avons tous la même base de casaque : rouge et jaune. Seule la toque change. La mienne est cerclée. Je suis par ailleurs membre de deux racing clubs proches de la famille. Notamment celui créé par mon cousin Philippe, à Bordeaux : le Traditia Racing Club. Mais aussi dans l’écurie Marengo qui emprunte elle aussi la base des couleurs "Saint-Seine".

Vous avez un taux de réussite de 20 % à la gagne cette année. Comment l’expliquer ? C’est le succès de gens auxquels je fais confiance. À commencer par Thierry Delègue, avec lequel je suis très souvent associé. Il est à la fois courtier et partie prenante dans les chevaux que nous avons ensemble. Ces succès, ce sont aussi les montes de Ioritz Mendizabal, après des années d’association avec François-Xavier Bertras. Pour 2021 en particulier, j’ai la chance d’avoir des parts d’un cheval invaincu en trois sorties, Juste Béré (Pedro the Great), chez Mathieu Brasme. Sur les conseils de Thierry Delègue, j’essaye de faire les meilleurs choix. L’important est de se tromper moins souvent que les autres : tant dans ses investissements que dans les engagements. Je suis aussi éleveur et porteur de parts d’étalons. Mon investissement dans la filière va au-delà du propriétariat. J’élève chez Anthony Baudouin, au haras du Hoguenet, mais aussi chez Jean-Charles Haimet au haras de la Côte fleurie. Je continue notamment à soutenir Montmartre (Montjeu). Comme Anthony Baudouin, je fais partie des gens qui continuent à croire en lui et je suis d’ailleurs porteur de part actif de cet étalon. C’est un sire qui a failli être vendu à l’étranger et ce fut un beau combat que de le garder en France. Après avoir eu beaucoup produits exportés, il ressort désormais des 3ans qui gagnent en France.

Vous parliez tout à l’heure de Penny’s Picnic, acheté pour une somme modeste chez Arqana par Thierry Delègue. C’est encore une belle histoire… Il a fait une formidable année de 2ans, répondant toujours présent, depuis le Prix du Début à Saint-Cloud jusqu’au Critérium en octobre. Dans le Morny, nous avons compris qu’il ne fallait pas qu’il coure en apnée (rires). Didier Guillemin l’a remis dans le droit chemin et nous avons gagné le Prix Eclipse (Gr3), puis le Critérium de Maisons-Laffitte. C’est désormais un étalon qui ne donne pas que des chevaux précoces – comme Pradaro, gagnant du Prix du Gros-Chêne, Gr3 – et qui est régulièrement dans le top 10 des sires stationnés en France. Je suis actionnaire du cheval et c’est formidable de continuer à faire partie de cette aventure…

Vous semblez soutenir de manière assez offensive les étalons français… Effectivement, mais je n’ai pas autant de juments que de parts d’étalons. Je remercie d’ailleurs Gérard AugustinNormand de m’avoir permis de prendre une part de Le Havre (Noverre) lorsqu’il l’a syndiqué. Je pense pouvoir mobiliser du capital privé pour participer à des syndications qui font venir des sires de qualité en France. J’ai par exemple une part d’Hello Youmzain (Kodiac).

Quelle est l’histoire de Bellharbour Music, récent lauréat du Prix Daphnis (Gr3) ? Je connais Ghislain Bozo depuis très longtemps. Il m’a appelé un jour en me disant : « J’ai repéré ce cheval, il vient de gagner, regarde-le. » J’ai aimé la façon dont il s’était comporté et j’en ai pris 5 % en compagnie d’un petit groupe dont le principal investisseur est Olivier Carli. Pour l’anecdote, je n’ai vu que les 150 derniers mètres du Gr3 car j’étais dans un avion qui atterrissait à Roissy ! C’est incroyable, car, plus tôt le matin, j’ai un cheval qui a gagné au Touquet et dont j’ai aussi raté la course. J’ai beaucoup de chance. Car avant ce Gr3, Penny's Picnic (Kheleyf) a remporté le Critérium de MaisonsLaffitte (Gr2). De même j’étais copropriétaire de The Right Man (Lope de Vega), lauréat de l’Al Quoz Sprint (Gr1) et deux fois du Prix de Seine-et-Oise (Gr3)... Et même en remontant un peu plus loin, j’ai été porteur de part du Pride Racing Club, d’où la victoire de Reliable Man (Dalakhani), lauréat du Prix du Jockey Club (Gr1).

L’histoire de The Right Man est assez incroyable… Contrairement à monsieur Seroul, je n’ai pas attendu 40 ans avant de gagner un Gr1 (rires), comme je vous le disais, j’ai beaucoup de chance… Et ce d’autant plus que j’ai bien failli ne pas m’associer sur le cheval. Quand Thierry Delègue m’a proposé de prendre une participation dans The Right Man, j’ai répondu que j’avais atteint la limite de mon budget en frais d’entraînement. Je veux pouvoir payer les pensions rubis sur ongle. Le yearling n’avait pas coûté cher, ce n’était donc pas le prix d’achat qui me freinait. Mais les associés, en grande partie les mêmes que sur Penny’s Picnic, ont dit à Thierry qu’ils voulaient que je les rejoigne. Je suis donc revenu sur ma décision initiale en prenant 10 % de The Right Man. J’ai donc eu de la chance que mes associés insistent pour me faire revenir ! Nous avons ensuite failli le vendre à l’amiable et nous l’avons même passé en vente. Mais nous l’avons gardé ! Lors de la victoire de The Right Man à Meydan, j’étais présent. C’est une émotion formidable. Une joie immense. J’ai beaucoup de reconnaissance envers toute l’équipe qui a fait venir le cheval au top.

Je me souviens du samedi où Thierry Delègue, François-Xavier Bertras et Didier Guillemin ont passé la matinée à revoir les vidéos pour mettre sur pied une tactique de course… La pluie, rare à Dubaï, nous a un peu aidés. Et nous avons battu, grâce à plusieurs éléments qui allaient dans notre sens, les Anglais, Américains, Hongkongais… Pendant dix ans, j’ai travaillé entre Paris et Londres. À mon retour en France, à partir de 2007/2008, j’ai commencé à acheter des parts de yearlings. Et c’est ainsi que sont arrivés The Right Man, Penny’s Picnic et Reliable Man.

Lorsqu’on regarde votre effectif, on constate que vous êtes associés sur 13 chevaux différents chez 11 entraîneurs différents, dont beaucoup de jeunes. Pourquoi ? J’ai moins de chevaux qu’avant chez Didier Guillemin pour la simple raison que certains ont été vendus à réclamer sur sa recommandation. C’est un entraîneur expérimenté avec un jugement très sûr sur le potentiel d’un cheval. Il est vrai aussi que j’aime bien faire confiance aux jeunes. Je pense qu’en confiant ses chevaux à un jeune qui n’a pas un effectif trop important, le temps qui vous est consacré est plus important. Il est à l’écoute et on a en permanence, via les réseaux sociaux, des nouvelles des chevaux. Je n’ai qu’un seul cheval à 100 %, il s’agit de Galérande (Turgeon), chez Mickaël Seror. Je préfère avoir quatre fois 25 % qu’une fois 100 %. Ainsi, on court plus souvent, on est dans le partage. L’amitié, la convivialité, ça compte beaucoup. Rien que ce week-end, j’avais trois partants ! Je n’ai aucun "égo-casaque" car la plupart des chevaux sur lesquels je suis associé courent sous celle des autres. Ce qui m’amuse vraiment, c’est avoir beaucoup de partants…

En quoi votre mandat à France Galop consiste-til ? Aujourd’hui, je siège au Comité de France Galop, en tant que membre associé. C’est ce qu’on appelait à l’époque les cooptés et ils composaient 100 % du Comité à l’origine. Aujourd’hui, nous ne sommes que 20 sur une assemblée de 56 membres. En tant que membre associé, nous sommes un peu les sénateurs des courses. Les socioprofessionnels, qui sont élus, sont un peu les députés. C’est Bertrand Bélinguier qui m’a proposé de rejoindre les rangs de ce qui est un peu le parlement des courses. Nous sommes tous très impliqués, comme éleveurs et/ou propriétaires. Je suis parfois surpris par des déclarations très orientées : au contraire, les membres associés sont là pour défendre l’intérêt général des courses et pas celui d’une catégorie en particulier. Ils assurent aussi une certaine continuité, n’étant pas soumis à renouvellement. Cette mémoire de l’Institution permet d’éviter de réemprunter des chemins que France Galop a déjà suivis et qui ne menaient nulle part…

 

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